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Une roulette de flightcase travaille dans des conditions qu’aucun autre matériel ne connaît : la même malle de transport passe du parquet d’un théâtre au gravier d’un festival, puis au hayon d’un semi-remorque, parfois dans la même journée. Que vous équipiez des racks 19 pouces de régie, des caisses de projecteurs ou des malles caméra, voici comment choisir la roulette qui tiendra la tournée — et qui ne coûtera pas une caution de salle.

Un usage sans équivalent industriel

Les cinq contraintes d'une roulette de flightcase : silence, sols nobles, sols hostiles, chocs de manutention et transport
Aucun autre matériel ne change de sol autant de fois dans la même journée.

Dans l’industrie, une roulette connaît un seul environnement pendant toute sa vie. En revanche, dans le spectacle, le cinéma et l’événementiel, c’est l’inverse : le matériel roule partout, et chaque surface impose sa contrainte.

1. Le silence

Sur un plateau de tournage, un roulage qui s’entend, c’est une prise à refaire. Machinistes, régisseurs et équipes de plateau le savent : en captation, en studio d’enregistrement ou pendant un raccord, le moindre grondement de case sur béton devient un problème de production — et une perte de temps que personne ne peut se permettre.

Par conséquent, cette exigence élimine d’emblée le polyamide nu, quelles que soient ses qualités par ailleurs. Il faut donc de l’élastomère : caoutchouc ou polyuréthane souple.

2. Les sols nobles

Parquet de théâtre, plancher de scène, lino de studio TV, marbre de hall d’hôtel, résine de musée, moquette de salle de conférence. Or une trace noire sur l’un d’eux, et c’est la caution de la salle qui saute — parfois pour un montant sans commune mesure avec le prix des roulettes.

La gomme grise non tachante n’est donc pas une option de confort : c’est une assurance. Voir notre gamme caoutchouc gris non tachant.

3. Les sols hostiles

Le même case affronte pourtant, quelques heures plus tard, le gravier d’un site de festival, les caillebotis de coulisses, les rails de hangar, les pavés d’une cour d’honneur. Ici, c’est en effet le diamètre qui décide : sur un obstacle de 20 mm, il faut pousser près de trois fois plus fort avec une roue de 80 mm qu’avec une de 250 mm.

En pratique, prenez toujours le plus grand diamètre que la hauteur du case autorise.

4. Les chocs de manutention

Hayon de camion, rampes, seuils, marches, quais de déchargement. Un case chargé qui descend une marche de 30 cm encaisse plusieurs fois sa charge statique en une fraction de seconde.

C’est pourquoi la marge de charge doit être nettement plus généreuse qu’en manutention classique. Une roulette qui travaille à sa limite ne survit pas à une tournée.

5. Le transport

Un case qui se déplace en roulant dans un camion devient un projectile. Il s’agit d’un enjeu de sécurité, pas de confort — et le frein doit bloquer la roue et le pivot.

Or beaucoup de cases sont équipés de freins qui n’immobilisent que la roue : le case peut alors encore pivoter sur place. Notre article sur les types de support détaille cette distinction, souvent mal comprise.

Quel case, quel usage ?

Chaque métier du spectacle et de l’audiovisuel a en effet ses caisses de transport, et chacune appelle une réponse différente.

  • Racks 19 pouces de régie — son, lumière, vidéo, patch. Lourds, souvent roulés sur scène pendant l’exploitation : le silence et le freinage priment. Comptez donc large sur la charge : un rack plein réserve souvent des surprises.
  • Caisses de projecteurs et d’éclairage scénique — chargées, empilées, manipulées vite en montage et en démontage. Ce sont d’ailleurs elles qui prennent le plus de chocs sur les rampes de camion.
  • Malles caméra et optiques — sur un plateau de tournage, la contrainte absolue est le silence, doublée d’une exigence d’amorti : le matériel à l’intérieur vaut cher et supporte mal les vibrations.
  • Backline et instruments — amplis, claviers, batteries. Charges moyennes, mais en revanche un roulage permanent en coulisses et dans des couloirs étroits.
  • Caisses de décors et d’accessoires — souvent surdimensionnées et mal réparties. C’est précisément là que le déport et le diamètre font toute la différence à la manœuvre.
  • Cases de loges et de catering — plus légères, mais elles circulent en permanence sur des sols nobles, devant du public ou des artistes.

Or les prestataires audiovisuels, les loueurs de matériel scénique et les fabricants de flightcases ont un point commun : leur parc tourne toute l’année, et une roulette qui lâche en tournée immobilise un case au mauvais moment. C’est pourquoi nous raisonnons en durée de vie plutôt qu’en prix unitaire.

Le standard du secteur : entraxe 80 × 60

Plan coté d'une platine de roulette flightcase : entraxe 80 x 60, platine 100 x 85, trous oblongs Ø 9
Le perçage universel du secteur, à vérifier avant toute commande.

La grande majorité des flightcases du marché utilise un perçage à 80 × 60 mm, sur une platine de 100 × 85 mm, en Ø 80 ou Ø 100. C’est notre gamme la plus fournie sur ce format.

Un détail à connaître : les trous ne sont généralement pas ronds mais oblongs, en Ø 9 mm. Ce n’est pas un défaut, c’est voulu — cette plage de réglage rattrape un écart de perçage sur le case. Pour les mesurer correctement, prenez le milieu de chaque oblong dans sa longueur.

Attention toutefois : l’entraxe, ce sont les distances entre axes de trous, et non les dimensions de la platine. Deux platines de tailles différentes peuvent partager le même entraxe. Pour mesurer sans se tromper, prenez la cote de bord gauche à bord gauche entre deux trous — le résultat est identique et bien plus facile à lire. Notre article sur la mesure d’un entraxe détaille la méthode.

Enfin, pour les gros racks, les structures roulantes et les cases lourds, on passe à l’entraxe 105 × 80 en Ø 125 ou Ø 150.

Quelle matière selon votre usage ?

Caoutchouc gris 85 Shore A — le choix par défaut

Il s’agit de la référence du secteur, et ce pour de bonnes raisons : silencieux, non tachant, correct sur sol irrégulier. Il ne surpasse personne sur aucun critère pris isolément, mais il tient les deux bouts — exactement ce qu’on demande à un matériel qui tourne.

C’est la valeur sûre pour un parc mixte — mais regardez le bleu élastique juste en dessous avant de trancher, il porte davantage.

Voir la gamme caoutchouc gris non tachant.

Caoutchouc bleu élastique 70 Shore A — le plus doux

C’est souvent le meilleur choix des deux, et il mérite d’être connu. Avec 70 Shore A, le bleu est la gomme la plus souple de nos gammes non tachantes : il absorbe les défauts du sol, roule pratiquement sans bruit et protège le contenu du case des vibrations.

Or — et c’est le point que beaucoup ignorent — il porte nettement plus que le gris à diamètre égal. Le bandage élastique vulcanisé est plus épais et travaille en compression sur une plus grande surface. Sur nos gammes, l’écart devient franc dès le Ø 125 :

Diamètre Caoutchouc gris 85 A Caoutchouc bleu 70 A
Ø 100 jusqu’à 100 kg jusqu’à 150 kg
Ø 125 jusqu’à 120 kg jusqu’à 170 kg
Ø 150 jusqu’à 180 kg jusqu’à 300 kg
Ø 200 jusqu’à 225 kg jusqu’à 300 kg

Autrement dit, le bleu offre à la fois plus de souplesse et plus de charge — une combinaison rare. Sur une malle caméra, un case d’optiques ou un rack lourd d’électronique sensible, c’est exactement ce qu’on cherche. Et comme le gris, il est non tachant : aucun risque sur un parquet de scène ou un lino de studio.

Sa seule vraie contrepartie tient à l’abrasion : une gomme souple s’use plus vite sur du gravier ou du béton brut. Pour un case qui passe sa vie en extérieur sur des sites de festival, le gris ou le polyuréthane restent plus adaptés.

Autre avantage, plus terre à terre : la couleur permet d’identifier visuellement un parc — pratique pour distinguer vos cases de ceux d’un autre prestataire sur un même plateau. La gamme va du Ø 35 au Ø 250, en fixe, pivotante, à frein et à tige. Voir la gamme caoutchouc bleu non tachant.

Polyuréthane élastique 80 à 85 Shore A — les cases lourds

Il porte davantage et résiste par ailleurs nettement mieux à l’abrasion, tout en restant silencieux et non tachant. C’est le bon choix pour les racks de régie, les cases de projecteurs et les tournées intensives où le matériel roule beaucoup.

Voir la gamme polyuréthane élastique.

Caoutchouc noir 80 Shore A — atelier et stockage

Silencieux et économique, il laisse néanmoins des traces. Réservez-le aux cases qui ne quittent pas l’atelier ou le stock. En salle, jamais.

Polyamide — les charges très lourdes uniquement

Il porte énormément et ne prend en outre jamais de méplat, même après des mois de stockage. En revanche, il est bruyant et poinçonne les sols tendres. À réserver aux structures très chargées qui ne circulent pas en zone sensible. Voir nos gammes polyamide.

Dimensionner correctement

En pratique, notre gamme en entraxe flightcase couvre des charges de 50 à 350 kg par roulette. Pour choisir :

  • Pesez le case chargé, pas à vide. Un rack de régie complet réserve souvent des surprises.
  • Divisez par trois, pas par quatre : sur un sol irrégulier, une roulette se déleste et les trois autres reprennent tout.
  • Ajoutez une marge de 30 à 50 % pour absorber les chocs de manutention. C’est certes plus que la marge industrielle habituelle, mais l’usage le justifie.

Accédez directement au catalogue par tranche : 100 à 300 kg pour la majorité des cases, ou 300 à 700 kg pour les structures lourdes.

Combien de freins ?

Deux freins totaux suffisent généralement, placés en diagonale plutôt que du même côté : le blocage est bien plus efficace contre la rotation de l’ensemble. Sur un case lourd, sur un plateau en pente ou dès qu’un opérateur travaille au contact, passez à quatre.

Le cas de la vidéo et de l’audio sensible

Certains environnements ajoutent enfin une contrainte supplémentaire : la décharge électrostatique. Sur du matériel vidéo, des serveurs de captation ou des racks d’électronique sensible, une décharge peut endommager un composant.

Il existe précisément pour cela des versions antistatiques, dont la formulation conductrice évacue les charges vers le sol. Nous en proposons en caoutchouc noir 80 Shore A sur entraxe flightcase. Cette gamme n’étant pas identifiable par une recherche texte sur le site, demandez-nous la référence en précisant diamètre et charge.

Ce qui tue une roulette de flightcase

Trois causes reviennent systématiquement ; or toutes sont évitables :

  • Les fils enroulés autour de l’axe. Gaffer, sangles, câbles, film étirable : tout cela s’enroule, grossit, frotte le flasque du roulement et finit par arracher le joint. C’est le tueur numéro un, et un coup de cutter suffit à l’éviter.
  • Le stockage prolongé chargé. Un case plein qui dort trois mois entre deux tournées prend un méplat définitif sur ses gommes souples. Déchargez-le, ou déplacez-le de temps en temps.
  • Tirer au lieu de pousser. Les pivotantes se mettent en travers et travaillent en ripage : la gomme s’use en biais et le pivot prend du jeu.

Notre article sur l’usure prématurée détaille l’ensemble des causes et propose un registre de contrôle à télécharger.

Un parc de flightcases à rééquiper avant la saison ? Envoyez-nous une photo d’une roulette démontée avec un réglet posé sur la platine, en précisant le poids chargé : on identifie la référence et on chiffre le lot. Nous travaillons avec des prestataires audiovisuels, des loueurs de matériel scénique et des fabricants de caisses de transport.

Cherchez par entraxe, diamètre et charge dans notre catalogue en ligne, consultez notre guide sur l’identification d’une roulette, ou demandez conseil — réponse sous 24 h.

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